Un matin
Quelques pas hors de mon lit et ma journée commence. Toujours le même rituel, d'abord s'habiller (chaudement, évidemment aujourd'hui c'est l'automne et mère nature est là pour nous le rappeler par la sympathique température de l'air), ensuite, s'asperger le visage d'eau glaciale histoire de se réveiller, aucun effet excepté le frisson dans le dos à cause de la goutte glacée qui s'écoule le long du cou. L'eau glacée, pas très agréable comme réveil, plan B, le café chaud : encore oublié de mettre mon sucre, amer et brûlant mon café svp ! Je sens plus ma langue, encore 5 minutes et c'est l'heure, juste le temps de se brosser les dents et c'est parti, seulement se brosser les dents c'est pas si facile qu'on le croit: si on confond pas le savon avec le dentifrice dans le noir (évidemment la lumière ça éblouit le matin), c'est forcément la goutte de dentifrice mélé à la salive qui vient s'étaler sur le pull noir tout propre... Je suis pas partie avant 10 minutes le temps de trouver un autre pull qui n'ai pas de tache...
9 minutes et 37 secondes plus tard je suis dehors emmitouflée dans mon gros manteau et mes gants de laine à lutter pour respirer à travers mon écharpe dix fois trop grande. Je presse le pas, faudrait pas arriver en retard... Arrivée devant le lycée, je suis en nage, c'est malin... Machinalement, je sors mon paquet d'immondes cigarillos et m'en allume un, ça sonne, éteindre mon cigare, le ranger dans trois boites à la "poupée russe" histoire de cacher l'immonde puanteur du reste du bâtonnet brun...
Arrivée dans le couloir, ma classe, épreuve de plus du matin, un beau spécimen de connerie se jète sur moi: "salut !!! ça va ???" et là c'est la déprime, le premier mot de cette journée sera pour ce type et sera "ouais..." Et ça une dizaine de fois de suite... Le prof arrive, "bonjour, asseyez-vous", alors là, c'est toujours le même cirque: tout le monde s'entasse au fond, il reste l'intello, l'autiste, et moi, on s'assied devant. Le prof fait l'appel, le sommeil m'envahit jusqu'à "Berenice L.", "YEEES", ça y est on est sûr que l'autiste est là, heureusement qu'on est en physique. L'intello me chuchote l'air hautain " on se demande ce qu'elle fait là la gogole" en cherchant un gloussement sur mon visage, je le regarde déprimée et me tourne vers le cours, ça y est j'ai encore loupé le début....